Je n'ai pas de nom. Pas de visage. Je ne suis pas l'avenir. Je ne suis pas grand-chose. Je n'ai pas envie de parler de quoi que ce soit et pourtant je parle tout le temps. Je parle... Moi j'aimerai savoir crier, lever le poing, dire des choses intelligentes. J'aimerai être intéressante. Et je suis née aux temps du mensonge et des coups dans le dos. De la bassesse, de l'hypocrisie, des faux bienveillants, de la Star Académie, de l'absence de la pensée, des faux plaintifs, de la prétention, vous savez celle qu'ont tout le monde, celle qui donne le droit d'oublier le reste, celle qui se rend grandiose, celle qui se permet tout en sortant des excuses médiocres, le Je roi. Moi je. Il n'y a que ça. Des Je. Un monde de Moi Je. Un combat d'apparence. L'opportunisme le plus énorme. Et moi j'attendais, j'attendais. Mais j'attendais quoi ? Je me trouvais dans ce non accord avec tout ce que j'avais bien pus penser. Je n'avais pas trouvé cette différence. J'étais face à du faux. Des sourires. Des mots. Des mêmes envies. Des gens intéressants. Sûrement. Mais toujours cette apparence. Toujours ce besoin d'être comme l'autre. C'était assez déstabilisant car le superficiel se cachait derrière l'intérêt. Serai-ce ça être marginal ? J'en doute. J'étais donc seule dans ce combat de masques et j'arrivais à les enlever. J'étais mal. Ma prétention et ma haute estime de moi-même arrivèrent à cette époque. Je me cru supérieur a eux tous. Et je continuais à sourire malgré tout ce mépris que je leur éprouvais. Au fond, j'étais aussi fausse qu'eux. J'étais ce que je n'aime pas. Voila, j'ai crié et levé du poing. Mais je n'ai toujours pas de nom, toujours pas de visage. Je ne suis pas l'avenir. Je suis tout le monde.